Comment en est-on arrivés à un pareil état de faiblesse ? Comment en est-on arrivés à un tel déclin politique en notre royaume,gangrené par l'immoralité politique et tiraillé entre les forces centrifuges d'une part et socialo-marxistes de l'autre ?
Le constat est amer,la cause floue de prime abords,le questionnement primordial et essentiel.
Pour répondre à ces questions,il est nécessaire de comprendre le grand mal qui fut à l'origine de notre faiblesse.Plongeons,donc,aux origines de notre état moderne:la révolution belge.
Révolution belge maintes fois commémorée et exaltée,rarement remise en question dans sa forme et ses conséquences.
Contrairement à une croyance répandue,ce ne furent pas les valeurs métaphysiques (et qui ne sont que métaphysiques,inapplicables en l'état)de la tragique révolution française qui ont servies de socle idéologique à notre état nouveau.Du moins,pas directement.
Ce ne fut pas l'anticléricalisme et l'anti-monarchisme qui furent les principes bâtisseurs de cet état.
Bien sûr,ces deux tendances alliées eurent leur place dans la fièvre révolutionnaire.
Mais une place relative et marginale.
Néanmoins,malgré cette divergence fondamentale et heureuse avec la révolution française de 1789,notre révolution n'en restait pas moins libérale,semblable à la révolution dite des « Trois Glorieuses » qui chassa Charles X pour asseoir cette lignée maudite des Orléans.
Libérale,donc,et catholique,à égales proportions.
Et égales tensions,faites de compromissions et de tiédeurs impropres à la Foi.
De plus,après quelques hésitations,le gouvernement provisoire portant son choix successivement sur le prince héritier du Royaume des Pays-Bas ;sur le Duc de Nemours,fils de Louis-Philippe d'Orléans,c'est un noble germanique,veuf de la princesse héritière du Royaume-Uni qui est désigné Roi.Léopold Ier de Saxe-Cobourg,qui n'accepta cette charge qu'avec,en premier lieu tout du moins,réticence.
Aussi,une constitution fut élaborée...en l'absence du Roi.
Constitution libérale à l'excès,n'octroyant que quelques marginales prérogatives au Roi.
Rajoutez à cela le protestantisme de ce Roi et vous comprendrez vite que l'autorité du Roi n'est non pas légitimée par la Grâce de Dieu,ce qui aurait été préférable symboliquement parlant,mais par cette insensée théorie qu'est la souveraineté populaire,la bonne volonté des parlements,la faiblesse des foules brouillonnes.
Déjà le malaise était palpable.Mais cependant,les premiers Rois jouissaient d'une influence certaine et le respect leur était assuré de la part de leurs ministres,ce qui n'est plus le cas actuellement,vous en conviendrez.
L'explication est simple et peut-être trouvée dans un article précédent1:à Nation peu sûre d'elle,Monarchie faible et à Monarchie faible,Nation peu sûre d'elle.
Un cercle semblant sans fin et entraînant la Belgique vers l'abîme.
Peut-on s'étonner du peu de patriotisme d'une monarchie ayant,de surcroît,abandonnée sa fonction de Lieutenant de Dieu sur Terre.
Le fait est que cette fonction,elle n'en a jamais pris conscience,trop occupée à flatter les libéraux et socialistes.
Pas plus n'a-t-elle pris conscience du nécessaire rejet du parlementarisme absolu.
Partant de là,cette Dynastie paraît sans avenir,son autorité n'est plus que cendres froides et sa foi me semble douteuse voir inexistante.
Figurez-vous ! Une monarchie œuvrant par aveuglement à sa propre perte:permettant la dissolution de notre identité,de notre unité ou de notre foi traditionnelle !
Des Rois qui,depuis quelques décennies maintenant,abandonnent le peu de pouvoir dont ils pouvaient faire usage à une bande de pleutres,d’intrigants,de lâches,d'artisans de la décivilisation !
Tout ce que les seuls Rois réellement Grands ont développés
Bien sûr,il existe des solutions.
Mais des solutions qui demanderaient à la dynastie actuelle de perdre sa foi aveugle en la démocratie,à fortiori représentative.
Qui nécessiteraient une alliance raisonnable de l'autel chrétien et du trône royal,de l'autorité spirituelle et d'une autorité restaurée,voire instaurée,dans ses pleines fonctions régaliennes.
Le Roi,ou la future Reine si cette Dynastie ne finit pas par se suicider,n'a pas à être représentant de la Nation (dans le sens libéral de la nation,c'est-à-dire le « peuple »),laissons donc ce pouvoir aux corps intermédiaires traditionnels subsistants.
Non,plus que la représenter,le Roi doit avant tout la conserver,pour palier aux faiblesses collectives faisant oublier ce droit mais surtout ce devoir de conserver intact ou croissant l'héritage de nos ancêtres.
Mais dans une Belgique douteuse de son passé,sceptique à juste titre quant à son présent et effrayée quant à son avenir,comment peut-on être assez naïf pour croire à ce sursaut national ?
Notre pays,plus que n'importe lequel,a une Histoire complexe et,je dirais,plurielle...
La conscience belge se meurt,la race belge,sans doute un peu bâtarde à l'origine,n'est aujourd'hui rien de plus qu'une idée,une relique du passée,la qualité de belge ne se mesurant plus ni au patriotisme réel ni à l'héritage du sang mais à quelques formalités administratives permettant à n'importe quel étranger,même non chrétien,de le « devenir » comme par magie.
Une Monarchie sans race2,sans nation et narguant le passé,jalousant les dynasties précédentes,bien plus grandes à bien des égards.
Point d'orangisme,de « hasbourgisme » ou de « bourguignonisme » chez moi.
Pas non plus chez moi ne trouverez-vous quelques démagogies visant à amplifier l'âge de la civilisation belge
Mais du réalisme:la Belgique,fusse-t-elle appelée Pays-Bas du Sud,Etats-Unis Belgique (dans ce régime éphémère né de la révolution brabançonne, bien qu'ambitieux mais qui,par son aspect collégial et confédéral,ne pouvait durer) ou même Etat Bourguignon, a connue bien des dynasties avant 1830 qui eurent leurs gloires avant de mourir.
Il est inévitable,voire souhaitable pour les raisons évoquées,que notre monarchie disparaisse sous peine de s'enfoncer plus en avant dans la médiocrité.
Alors,seulement,une nouvelle dynastie se lèvera,bien plus consciente de son de voir envers Dieu et la Patrie.
Il est à espérer que le Seigneur nous évitera cette douloureuse étape,qu'il donnera à la monarchie actuelle l'impulsion nécessaire.
Mais les circonstances semblent ne pas aller en ce cens.
Les Francais ont connus les mérovingiens qui virent le pouvoir leur échapper,nous connaissons les Saxe-Cobourg qui sont sujets à de pareilles blessures.
Les Francais ont plus tard connus la glorieuse lignée capétienne.
Nous serons peut-être amenés à connaître une équivalente lignée de maîtres dignes de nous,de Dieu et de notre patrie...
2Entendons-nous bien sur le sens donné à ce mot:il ne s'agit pas d'une obsession biologique et racialiste malgré sans doute un certain essentialisme mais bien de la conscience d'un peuple historique qui n'a certes jamais été biologiquement « pur. »